Le rire, la moquerie, la dérision sont des entreprises de purification, de
déblaiement. Ils préparent des salubrités futures. ( Romain GARY )



lundi 5 mai 2014

Jean-Louis BORLOO s'en va ...

Jean-Louis Borloo quitte la scène politique. Dans une lettre adressée au Comité exécutif de l'Union des Démocrates et des Indé­pendants, l'ancien ministre centriste affirme qu'il a décidé de mettre un terme à ses fonctions et ses mandats politiques. " Je n'ai pas en l'état toute l'énergie nécessaire pour remplir complètement toutes mes responsa­bilités " explique-t-il. Hospitalisé en janvier pour une" pneumonie aiguë frontale ", il avait alors fait annon­cer son retour pour un meeting en mai. On doit saluer ce départ et sa dignité. Nombre d'hommes politiques s'accrochent souvent à leurs man­dats, parfois au-delà du raisonnable et peu savent se défaire de cette drogue dure qu'est la politique. Maire de Valenciennes pendant treize ans, député depuis 1993, puis ministre de 2002 à 2010, Jean-Louis Borloo aura été l'un des hommes politiques majeurs de ces quinze dernières années, suscitant respect et sympa­thie souvent au-delà de son propre camp. Son humanité, sa générosité, manqueront à un milieu politique trop facilement cynique.
Le retrait de Jean-Louis Borloo constitue cepen­dant une mauvaise nouvelle pour sa famille politique, un centre facilement morcelé. On ne doit pas oublier son rôle dans le rapprochement de l'UDI et du Modem de François Bayrou au sein de " l'Alternative ". Borloo parti, les Centristes se trouvent de nouveau soumis à leurs démons. Aujourd'hui, en dehors du maire de Pau, aucune personnalité ne semble y présen­ter assez de surface pour s'imposer à l'occasion des prochaines euro­péennes, pour ne rien dire de l'élec­tion présidentielle. Cet effacement annoncé de la galaxie centriste n'est pas plus rassurant pour l'UMP. On ne peut exclure aujourd'hui des appels pressants d'une majorité pré­sidentielle aux abois et désireuse de s'ouvrir sur son flanc droit. Surtout, l'affaiblissement du Centre ne peut que déséquilibrer une UMP déjà tra­vaillée par la tentation d'une droitisa­tion excessive et finalement ruineuse sur le plan électoral. Les voix du Front National, ou, plus généralement, de la droite de la droite, ne remplaceront jamais totalement les voix centristes.
Le Centre sera toujours indispensable pour battre la gauche. Le départ de Jean-Louis Borloo laisse un espace vide. Il laisse surtout de nombreuses incertitudes.
 
Patrick JOURON

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