Présentée naguère comme
gage de transparence, la loi sur le financement des partis politiques n'a rien arrangé. Pour mener des
campagnes à grand spectacle - d'une efficacité
douteuse - les principales formations ont recours à divers expédients qui sont des bombes à retardement. L'une d'entre elles vient d'exploser à l'UMP, en raison des révélations sur les comptes de la société de communication Bygmalion, dirigée par des proches de Jean-François
Copé, qui fait depuis mars l'objet d'une enquête judiciaire.
Le scandale qui couvait a éclaté le lendemain des élections européennes, lorsque l'avocat de la société Bygmalion a révélé que des sommes dépensées pour la campagne présidentielle
de Nicolas Sarkozy
avaient été imputées
à l'UMP « à la demande » de dirigeants de ce parti. Le même jour, le directeur de cabinet de Jean-François Copé reconnaissait sur BFM TV des irrégularités tout en affirmant que le
président de l’UMP
et Nicolas Sarkozy n'étaient pas
au courant.
La situation de Jean-François Copé devenait cependant intenable.
Le mardi 27 mai, le président de l'UMP a été contraint à la démission lors d'une réunion houleuse du bureau politique. Dans une lettre aux adhérents de son parti, il a reconnu que l'UMP avait « très vraisemblablement réglée des factures qu'elle n'aurait pas dû honorer » pendant la dernière campagne présidentielle tout en affirmant que son intégrité était « totale ». Une direction collégiale réunissant les trois anciens Premiers ministres Jean-Pierre Raffarin, François Fillon et Alain Juppé va tenter un retour à la normale et préparer un congrès qui se réunira en octobre.
Le mardi 27 mai, le président de l'UMP a été contraint à la démission lors d'une réunion houleuse du bureau politique. Dans une lettre aux adhérents de son parti, il a reconnu que l'UMP avait « très vraisemblablement réglée des factures qu'elle n'aurait pas dû honorer » pendant la dernière campagne présidentielle tout en affirmant que son intégrité était « totale ». Une direction collégiale réunissant les trois anciens Premiers ministres Jean-Pierre Raffarin, François Fillon et Alain Juppé va tenter un retour à la normale et préparer un congrès qui se réunira en octobre.
La
sortie de crise est problématique. Saisie de l'affaire Bygmalion, la justice
poursuit à son rythme des investigations sur l'affaire Tapie, sur laquelle Claude Guéant a été interrogé au cours d'une longue garde à vue. D’autres affaires de financement douteux peuvent revenir sur le devant de la
scène et bouleverser à nouveau la stratégie des dirigeants
de l'UMP et plus particulièrement celle de Nicolas Sarkozy.
L'ancien président
de la République peut en effet se présenter comme l'ultime recours d'un parti en grand péril et le sauveur du
pays confronté aux rapides progrès du Front national. Encore faut-il que son innocence,
souvent proclamée, ne soit pas mise en cause par la justice au
cours des trois prochaines années.
De plus, Nicolas Sarkozy est gêné par François Fillon et Alain Juppé, qui contrôlent désormais l'appareil et qui veulent que l'UMP organise
pour la prochaine présidentielle des primaires auxquelles l'ancien
président, à tort ou à raison, se refuse. François Fillon sait que les circonstances lui sont désormais favorables et il tentera de pousser son avantage malgré le déficit de «
charisme » que lui reprochent
les médias.
Le Front national, qui mise depuis 2012 sur un
éclatement de l'UMP, est conforté dans ses espoirs de voir son candidat arriver en
tête du premier tour de la prochaine présidentielle et
de se retrouver alors avec un groupe important au Parlement. Car le Parti socialiste est profondément divisé et tiré vers l'abîme par un François Hollande au comble de
l'impopularité.
D'ici 2017, il y a théoriquement trois ans
pour permettre une recomposition des forces politiques. Mais son rythme et ses tendances sont imprévisibles. La progression du Front national n'est pas irrésistible;
les destins des chefs de la droite et de la gauche sont soumis aux juges, aux investigations médiatiques et aux mouvements, parfois surprenants, d'une
opinion publique qui s'exaspère.
Patrick
JOURON
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