En Corse, Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse a prononcé son premier discours en langue corse.
Il aura donc fallu ce discours pour que l'on s'aperçoive que lors des dernières régionales, la Corse avait élu des nationalistes, c'est-à-dire des gens qui considèrent que la Corse n'est pas une simple subdivision territoriale, mais une vraie nation où habite un peuple distinct et qui, aussi bien par sa position géographique que par son histoire et sa culture, en somme son identité, s'estiment en droit de revendiquer des compétences nouvelles, voire une souveraineté particulière.
Cette élection doit être prise très au sérieux. D'abord elle constitue le plus cinglant camouflet à une réforme régionale irresponsable et mal conduite qui ne veut voir dans les régions que des circonscriptions modifiables à volonté sans autre considération que le fait du prince et les intérêts politiciens. Les Corses ne sont pas une simple portion du territoire français.
A cela s'ajoute le poids de l'histoire corse. Ceux qui racontent que l'île vit sous perfusion connaissent rarement les chiffres.
Surtout, ils oublient deux siècles d'impéritie de l'Etat. On peut rappeler par exemple les lois douanières de 1818 qui taxaient l'exportation sur le continent des produits manufacturés corses, tandis que les produits continentaux arrivés en Corse étaient francs de toute imposition. Cela a suffi pour clouer au sol, jusqu'à aujourd'hui, l'économie insulaire en pleine révolution industrielle.
Plus profondément, le succès des nationalistes prouve aussi les incontestables limites du dogme de la République « une et indivisible ». Dès ses débuts, la République a prétendu faire litière des identités locales, menant longtemps une guerre insensée aux langues régionales. Aujourd'hui, les vieux discours ont disparu mais le logiciel est resté le même. Pire encore, il conditionne encore une élite prisonnière des schémas hérités de sa formation à l'ENA. C'est là qu'il faudra peut-être chercher un jour les origines de l'éclatement de la France.
Il faut décidément réfléchir au succès des nationalistes en Corse.
Patrick JOURON

Cela reste à méditer sur la question Corse en tout ça corse c'est explosif en ce moment .
RépondreSupprimerBravo pour ce texte Monsieur Jouron !
SupprimerDécidément, ce découpage régional est ressenti, à juste raison, comme un grand "n’importe quoi" par bien des gens ouverts à la chose culturelle…
Hélas, et comme trop souvent, les réactions contre cette tenace survivance du jacobinisme ont été bien timides.
"Les français sont des veaux", avait déclaré, à juste raison, le Général de Gaule.
(Mais au fait, pourquoi un tel mépris envers la race bovine?)
Je crois que la meilleure analyse de cette ineptie a été énoncée par Monsieur Gérard-François DUMONT.
(http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/la-reforme-territoriale-ou-lillusion-jacobine.html).
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Ce qui me rend fou de rage, c’est que si l’on n’a pas jugé bon de consulter les citoyens pour ce découpage régional inepte, on daigne, forme de mépris suprême, les consulter quand au nom à donner à ces territoires qui leurs ont été imposés !
Certains songent sérieusement, forme de dérision, à donner le nom de "APOIL" à la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes…
A mon avis, le plus beau nom sera celui choisi par une majorité des habitants de la nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon :
Occitanie !
Si, comme l’ont annoncé certains élus de ce département, le Cantal fait sécession d’avec l’Auvergne pour demander à être rattaché à la région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, c’est décidé, je déménage dans le Cantal !
De plus, je ne peux pas voir Wauquiez, même en peinture !!!
Didier Chateau, un auvergnat en colère !