Le rire, la moquerie, la dérision sont des entreprises de purification, de
déblaiement. Ils préparent des salubrités futures. ( Romain GARY )



mardi 9 février 2016

Toujours le même !


 
Avec la publication de son livre « La France pour la vie », l'ancien président de la République revient sur ses années à l'Elysée, formulant aussi quelques orientations pour l'avenir.
Ce retour sur le devant de la scène intervient à un moment crucial pour lui.
Malmené par les sondages, Nicolas Sarkozy doit se préparer à des primaires à droite dont le résultat semble de plus en plus incertain
. De plus, son horizon judiciaire n'est pas entièrement dégagé : l'affaire Bygmalion n'a pas fini d'agiter la justice. S'agit-il pour autant d'une déclaration de candidature? L'ex-chef de l'Etat jure ses grands dieux que non mais la dénégation fleure bon la posture rhétorique.  
On s'y attendait un peu, l'ouvrage de Nicolas Sarkozy contient une bonne dose
de
« mea culpa ». Certains concernent essentiellement des comportements et des propos qui ont lourdement pesé sur l'image du quinquennat. Il s'agit notamment du fameux « Casse-toi, pauvre c.», qualifié de « bêtise », ou de « l'impair» que constituèrent les cinq jours passés à bord du yacht de Vincent Bolloré. A vrai dire, on reste dans l'anecdote: il s'agit de lisser les aspérités d'un style dont les excès ont
pu heurter
.
Les autres regrets formulés sont plus intéressants. Nicolas Sarkozy s'accuse surtout de ne pas être allé trop loin ni assez vite. Concernant les premières mesures fiscales de son quinquennat, il regrette par exemple de n'avoir pas carrément supprimé l'ISF et remis en cause les 35 heures au lieu de s'en tenir au bouclier fiscal et à la défiscalisation des heures supplémentaires. De même, il se reproche de n'être pas allé assez loin dans le domaine du contrôle de l'immigration. En somme, Nicolas Sarkozy regrette surtout de ne pas avoir fait assez de Sarkozy.
Là est sans doute la limite de  l'exercice. Les regrets formulés, ou même les remises en cause, restent costiques.
Nicolas Sarkozy semble ne pas avoir véritablement évolué depuis 2012. Il apparaît
toujours comme le fonceur que l'on a connu, peu enclin à déléguer et persuadé que, sur le fond, il a toujours eu raison.

Là est la principale faille de cet ouvrage.
Nicolas Sarkoz
y aura décidément beaucoup de mal à nous convaincre qu'il a vraiment changé.
 
                                                                                                      Patrick JOURON
 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire