Les 23 et 30 mars 2014
se tiendront les élections municipales, suivies, le 25 mai par les élections
européennes.
Les enjeux ne sont ni
minces, ni purement locaux. Rappelons qu'une défaite aux municipales
entrainerait irrémédiablement pour la gauche la perte du Sénat dès septembre
prochain. Sur le papier, l'affaire semble pliée: les socialistes devraient
payer au prix fort la politique du pouvoir actuel. Les sondages donnent toujours
un exécutif au plus bas, tandis que se multiplient les mouvements de protestation
contre la pression fiscale ou les réformes « sociétales ».
De plus, ce type
d'élections est toujours défavorable à l'équipe en place.
Faut-il pour autant
s'attendre à une hécatombe chez les élus socialistes ? Ce n'est pas si simple.
Le principal adversaire du PS, l'UMP a visiblement relancé la machine à perdre avec
d'interminables querelles de personnes. On le vérifie à Paris où Anne Hidalgo
est déjà donnée gagnante face à Nathalie Kosciusko.
A cela, il faut ajouter
le poids des personnalités locales et des habitudes. On cherche en vain le
candidat capable de chasser Martine Aubry du vieux bastion socialiste lillois.
Dans les grands centres
urbains, les socialistes parviendront sans doute à limiter les dégâts. Par
contre, la situation risque d'être plus difficile dans les zones rurales ou les
petites villes, frappées de plein fouet par la crise. Cette France
"invisible", selon le mot du géographe Christophe Guilluy, a été
abandonnée par la gauche au profit des populations d'origine immigrée et des
fameux « bobos ». La facture de cet abandon risque de se révéler très
lourde. Elle sera d'autant plus lourde qu'un troisième larron, le Front
national risque de rafler la mise.
Bien sûr, le parti de
Marine Le Pen n'est pas en mesure de conquérir un nombre significatif de
municipalités, mais il fera inévitablement la preuve de son pouvoir de
nuisance, et des succès, même symboliques, ne sont pas à exclure. On l'a vu à
la cantonale partielle de Brignoles. Mais l'adversaire le plus redoutable du PS
sera sans aucun doute l'abstention d'un électorat lassé des jeux politiciens et
des résultats économique qui n'arrivent pas. Les socialistes ont décidément de
bonnes raisons de craindre les prochaines municipales.
Patrick JOURON
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