Le rire, la moquerie, la dérision sont des entreprises de purification, de
déblaiement. Ils préparent des salubrités futures. ( Romain GARY )



jeudi 9 janvier 2014

Municipales... Avis de tempête sur le PS !


Les 23 et 30 mars 2014 se tiendront les élections municipales, suivies, le 25 mai par les élections européennes.

Les enjeux ne sont ni minces, ni purement locaux. Rappelons qu'une défaite aux municipales entrainerait irrémédiablement pour la gauche la perte du Sénat dès septembre prochain. Sur le papier, l'affaire semble pliée: les socialistes devraient payer au prix fort la politique du pouvoir actuel. Les sondages donnent toujours un exécutif au plus bas, tandis que se multiplient les mouvements de protestation contre la pression fiscale ou les réformes «  sociétales ».

De plus, ce type d'élections est toujours défavorable à l'équipe en place.

Faut-il pour autant s'attendre à une hécatombe chez les élus socialistes ? Ce n'est pas si simple. Le principal adversaire du PS, l'UMP a visiblement relancé la machine à perdre avec d'interminables querelles de personnes. On le vérifie à Paris où Anne Hidalgo est déjà donnée gagnante face à Nathalie Kosciusko.

A cela, il faut ajouter le poids des personnalités locales et des habitudes. On cherche en vain le candidat capable de chasser Martine Aubry du vieux bastion socialiste lillois.

Dans les grands centres urbains, les socialistes parviendront sans doute à limiter les dégâts. Par contre, la situation risque d'être plus difficile dans les zones rurales ou les petites villes, frappées de plein fouet par la crise. Cette France "invisible", selon le mot du géographe Christophe Guilluy, a été abandonnée par la gauche au profit des populations d'origine immigrée et des fameux «  bobos ». La facture de cet abandon risque de se révéler très lourde. Elle sera d'autant plus lourde qu'un troisième larron, le Front national risque de rafler la mise.

Bien sûr, le parti de Marine Le Pen n'est pas en mesure de conquérir un nombre significatif de municipalités, mais il fera inévitablement la preuve de son pouvoir de nuisance, et des succès, même symboliques, ne sont pas à exclure. On l'a vu à la cantonale partielle de Brignoles. Mais l'adversaire le plus redoutable du PS sera sans aucun doute l'abstention d'un électorat lassé des jeux politiciens et des résultats économique qui n'arrivent pas. Les socialistes ont décidément de bonnes raisons de craindre les prochaines municipales.

                                                                                                                Patrick JOURON

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