Le rire, la moquerie, la dérision sont des entreprises de purification, de
déblaiement. Ils préparent des salubrités futures. ( Romain GARY )



vendredi 11 septembre 2015

Les migrants de l'Orient-Express...




Les tragédies de l'exil se multiplient à terre comme en mer depuis l'ouverture de nouvelles routes de migration à l'Est européen. L'Allemagne est en première ligne.
L'été a connu un basculement de la Méditerranée occidentale vers la Méditerranée orientale et les Balkans. L'Union européenne, confrontée aux drames de Lampedusa et de la Sicile, avait réagi en juin. Le problème s'est déplacé de l'Italie vers la Grèce. Il s'était focalisé sur les Africains, il est désormais moyen-oriental. Syriens et Afghans constituent depuis quelques semaines les plus gros contingents d'arrivées depuis la Turquie sur les îles grecques proches de l'Asie mineure.
D'autres passent directement à travers la Thrace et la Bulgarie. Les Grecs n'ayant eu d'autre idée plus géniale que de faire transiter ceux arrivés sur leurs îles vers les mêmes axes transbalkaniques, tout ce beau monde s'est retrouvé aux confins de la Serbie et de la Hongrie, d'une frontière Schengen à l'autre, suivant le parcours de la légendaire ligne de l'Orient-Express.
Le danger s'éloigne peut-être du territoire français qui était plus exposé face à l'Afrique du Nord, mais c'est pour se fixer de l'autre côté du Rhin! C'est d'abord l'Allemagne que ces nouveaux migrants recherchent.
Angela Merkel vient de prendre la tête du mouvement en indiquant que l'Allemagne avait la capacité de faire face à cet afflux, mais aussi le reste de l'Europe.
Pourquoi l'Allemagne? Sans remonter aux routes traditionnelles vers ou depuis l'Orient - le Bagdadbahn qui prolongeait l'Orient-Express à travers la Turquie vers la Syrie et l'Irak était le principal investissement en cours avant et après la Première Guerre mondiale - on pense à la croissance économique allemande qui se nourrit d'ailleurs d'un emploi à bon marché. Il reste que la rumeur parmi les migrants se répand que l'intégration y est plus facile que, par exemple, en France.
Il en va de même de l'attractivité britannique dont la France subit le contrecoup à Calais.
La France est le pays qui comprend le plus grand nombre d'immigrés, concept historique qui projette son ombre souvent dévalorisante sur toute forme de migration. Aujourd'hui elle nous empêche de prendre conscience d'un problème de réfugiés inédit depuis la Seconde Guerre mondiale. La guerre de Yougoslavie avait été un premier exemple mais largement confiné à l'Allemagne. Celle de Syrie est désormais devenue européenne.
Patrick JOURON

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