Le rire, la moquerie, la dérision sont des entreprises de purification, de
déblaiement. Ils préparent des salubrités futures. ( Romain GARY )



lundi 28 juillet 2014

Justice ? Vous avez dit justice ?


L'institution de la justice est sans aucun doute la plus susceptible de soutenir la démocratie avec efficacité.
Elle le démontre bien ces temps avec toutes ces sommités qu'elle rend égales au commun des justiciables devant la loi, le moindre SARKOZY se retrouvant poursuivi comme n'importe qui. Mais c'est aujourd'hui celle qui la mine le plus en France, avec beaucoup de sournoiserie. Elle le démontre bien dernièrement par ces incessantes interférences qui la lient aux pouvoirs en place, la lient à toutes sortes de réseaux comme à ses propres préjugés.        
Ces déviations de l'institution judiciaire sont tantôt -et trop souvent- volontaires, tantôt involontaires.
Volontaires lorsqu'elles proviennent de magistrats tordus, indignes de leur profession et de leur serment, sans probité ni hauteur, qui bafouent la mission dont la noblesse est sur eux sans prise ni effet. Involontaires lorsqu'elles émanent d'une organisation à parfaire, faute de moyens, de personnel, de réflexion, faute en vérité d'une volonté de l'Etat.
C'est pour l'avènement du Droit et de la justice dont elle a ensuite donné l'exemple à l'Europe entière que la Révolution française a eu lieu. Il ne faut pas l'oublier, citoyens. MIRABEAU disait à cette époque: « Le Droit est le souverain du monde ». Il faudrait aujourd'hui faire en sorte qu'il continue de l'être toujours.
Il le restera d'autant mieux qu'il conservera l'appui de cet autre souverain qu'est censé être le Peuple chez nous. Peuple qui refuse aujourd'hui que soit rendue en son nom une justice factice, rognée, amputée, truquée, qui, sous le masque d'un droit compliqué, revient trop souvent à un véritable arbitraire qu'on ne prend même plus la peine de déguiser. Le jugement rendu en première instance contre Luc Jousse, premier magistrat de Roquebrune, en est un exemple le plus concret qui soit : magistrats découvrant le dossier à l’audience, exigeant de l’avocat de la défense un pouvoir qui n’est pas obligatoire, report de l’audience refusé, procureur comparant le véhicule de service du maire à sa propre voiture.. !
Ce n'est pas dans l'effet purement théâtral des audiences judiciaires publiques que nous offrent les prétoires qu'il faut aller vérifier la qualité d'une justice républicaine saine et cohérente. Ce n'est là que jeu, démonstration et parodie. Tout y est néralement réglé d'avance, dans le silence et le secret. C'est dans les jugements rendus, gravés noir sur blanc, qu'il faut aller se forger une opinion  
C'est là-dedans qu'apparaissent, noir sur blanc, dans le meilleur des cas des curiosités, des imperfections, des impairs, mais aussi, autrement plus grave et autrement lourd de conséquences, et facile à vérifier, des omissions singulières, des contradictions effarantes, des contrevérités grossières, des « oublis» intolérables, des incohérences flagrantes. Le pis est que leur nombre et leur répétition indiquent qu'il ne s'agit pas de coïncidences malheureuses mais d'un vrai système utilisé à des fins particulières.
Les magistrats, mais aussi leur entourage -greffiers, avocats, « auxiliaires de justice »-, qui se prêtent à ces combinaisons foireuses, doivent évidemment être dénoncés pour être ensuite sanctionnés -quand il arrive qu'ils le soient. .. Chaque justiciable, fraction du Peuple souverain au nom duquel les magistrats ont l'obligation d'agir avec le et probité, à défaut de l'obligation qu'ils s'en seraient d'avance donnée à eux-mêmes, doit à chaque occasion dénoncer sans crainte les fautifs, meilleur moyen d'assainir les écuries de la République.
Il ne faudrait pas que des jugements ne se fondent en fait que sur la perfidie d'accointances inavouables et ne se rendent que sur la base de serments bafoués.

Patrick JOURON

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