Est-ce vraiment un hasard ?
A quelques jours d'intervalles, la Cour des comptes rendait public son rapport
avant que l'on découvre certaines propositions de la SNCF concernant l'avenir
de ce même TGV.
Le
rapport de la Cour des comptes est sévère : soulignant la perte de rentabilité
des lignes à grande vitesse (de 28 à 12 en quelques années), elle pointe les problèmes
voire les aberrations d'un système qui conduit à une desserte pléthorique et
injustifiée (230 destinations), tandis que les rames de TGV roulent pour 40 de
leur temps de trajet sur des voies à vitesse « normale ». Enfin, les coûts
du TGV seraient encore alourdis par les péages de Réseau ferré de France, la filiale
qui gère les voies, de telle sorte que les projets actuels de lignes à grande vitesse
verraient leur financement compromis. Les mesures envisagées par la SNCF répondent un peu à ces
critiques virulentes. On y parle notamment de supprimer les voitures-bars pour
les trajets de moins de deux heures, d'augmenter les prix de la première
classe, de rendre plus difficiles les échanges et les remboursements et de
supprimer des arrêts considérés comme secondaires.
Devant le tollé qu'elles ont provoqué, on nous rappelle qu'il ne s'agit que de « propositions » provisoires et qu'aucune décision n'a encore été prise.
Devant le tollé qu'elles ont provoqué, on nous rappelle qu'il ne s'agit que de « propositions » provisoires et qu'aucune décision n'a encore été prise.
Le
transport ferroviaire coûte cher et demande de lourds investissements. Ce.n'est pas nouveau. Pour autant, la question
ferroviaire ne se ramène pas à une simple question comptable. Le train est un
service public avec des missions qui incluent l'aménagement du territoire, lequel
ne se limite pas à la proportion de voyages d'affaires (un tiers, selon la Cour des comptes).
Le
TGV, par la mobilité la desserte des territoires enclavés qu'il favorise, est
un des éléments de cet aménagement du territoire; il est au service des
citoyens avant de l'être à celui de l'actionnaire. Il joue également un rôle
important en matière d'environnement. Que sa gestion demande une certaine
rationalisation est évident, mais est-il admissible d'en priver certaines
catégories désormais condamnées au réseau régional et surtout au car ou au bus,
plus polluants et bien plus lents? Le TGV est-il voué à n'être qu'un luxe réservé
à quelques privilégiés?
Au-delà
du TGV, c'est l'avenir de notre réseau ferroviaire qui est en jeu, un avenir
qui ne peut se satisfaire des seules logiques à court terme. Il y va de la cohésion du
territoire ... et de la société.
Patrick
JOURON
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