Le rire, la moquerie, la dérision sont des entreprises de purification, de
déblaiement. Ils préparent des salubrités futures. ( Romain GARY )



mercredi 5 novembre 2014

Le TGV en question...


Est-ce vraiment un hasard ? A quelques jours d'intervalles, la Cour des comptes rendait public son rapport avant que l'on découvre certaines propositions de la SNCF concernant l'avenir de ce même TGV.
Le rapport de la Cour des comptes est sévère : soulignant la perte de rentabilité des lignes à grande vitesse (de 28 à 12 en quelques années), elle pointe les problèmes voire les aberrations d'un système qui conduit à une desserte pléthorique et injustifiée (230 destinations), tandis que les rames de TGV roulent pour 40 de leur temps de trajet sur des voies à vitesse « normale ». Enfin, les coûts du TGV seraient encore alourdis par les péages de Réseau ferré de France, la filiale qui gère les voies, de telle sorte que les projets actuels de lignes à grande vitesse verraient leur financement compromis. Les mesures envisagées par la SNCF répondent un peu à ces critiques virulentes. On y parle notamment de supprimer les voitures-bars pour les trajets de moins de deux heures, d'augmenter les prix de la première classe, de rendre plus difficiles les échanges et les remboursements et de supprimer des arrêts considérés comme secondaires.
Devant le tollé qu'elles ont provoqué, on nous rappelle qu'il ne s'agit que de « propositions » provisoires et qu'aucune décision n'a encore été prise
.
Le transport ferroviaire coûte cher et demande de lourds investissements. Ce.n'est pas nouveau. Pour autant, la question ferroviaire ne se ramène pas à une simple question comptable. Le train est un service public avec des missions qui incluent l'aménagement du territoire, lequel ne se limite pas à la proportion de voyages d'affaires (un tiers, selon la Cour des comptes).
Le TGV, par la mobilité la desserte des territoires enclavés qu'il favorise, est un des éléments de cet aménagement du territoire; il est au service des citoyens avant de l'être à celui de l'actionnaire. Il joue également un rôle important en matière d'environnement. Que sa gestion demande une certaine rationalisation est évident, mais est-il admissible d'en priver certaines catégories désormais condamnées au réseau régional et surtout au car ou au bus, plus polluants et bien plus lents? Le TGV est-il voué à n'être qu'un luxe réservé à quelques privilégiés?
Au-delà du TGV, c'est l'avenir de notre réseau ferroviaire qui est en jeu, un avenir qui ne peut se satisfaire des seules logiques à court terme. Il y va de la cohésion du territoire ... et de la société.

Patrick JOURON

 

 

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