Le rire, la moquerie, la dérision sont des entreprises de purification, de
déblaiement. Ils préparent des salubrités futures. ( Romain GARY )



jeudi 20 novembre 2014

Une affaire d'état...


Cela est devenu une affaire d'Etat puisqu'elle met en cause directement le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet qui fut également un des ministres « d'ouverture » de Nicolas Sarkozy. Ce que l'on appelle aujourd'hui l'affaire Jouyet-Fillon est déjà un imbroglio tragicomique dans lequel droite et gauche se retrouvent également compromises. Au départ, il y a le livre « Sarkozy s'est tuer » dans lequel deux journalistes rapportent des propos de Jean-Pierre Jouyet accusant François Fillon de l'avoir sollicité pour accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy à propos du remboursement de ses frais de campagne. L'ancien Premier ministre aurait même ajouté : « Si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir ». Le reste n'est qu'une succession de dénégations et de démentis dont ni Jean-Pierre Jouyet ni François Fillon ne sortent grandis. Qui des deux hommes dit vrai ? Qui a trahi qui ? Rien ne permet encore de le savoir. Une chose est sûre, cet ahurissant déballage va surtout faire des victimes et non des moindres, à commencer par François Fillon qui se trouve aujourd'hui dans la position peu enviable du traître de mélodrame. De son côté, Jean-Pierre Jouyet, visiblement trop bavard, ne risque rien moins que son poste à l'Elysée. Les victimes collatérales ne sont pas non plus négligeables à commencer par François Hollande qui semble décidément bien mal placer sa confiance. Seul Sarkozy peut s'en sortir avec en prime le statut de victime, mais pour combien de temps ? Mais il y a plus grave que ces petits jeux politiciens peu ragoûtants. Il se dégage une étrange odeur de cette affaire, une odeur de connivence malsaine entre journalistes et hommes politiques de bords différents. On découvre aujourd'hui ce que peuvent dire des politiciens « qui comptent » à la presse, mais aussi la facilité avec laquelle ces mêmes politiciens usent des coups les plus tordus pour éliminer leurs concurrents. On le savait avant ? Dans certains cercles oui, mais jamais cela ne donnait lieu à un déballage d'une telle obscénité. Cette affaire jette une lumière crue sur les pratiques d'un microcosme où règnent à l'évidence le mensonge et la déloyauté. La seule bénéficiaire de cette lamentable histoire risque fort de n'être que Marine Le Pen. Il n'est pas sûr que cela prédispose à l'indulgence.
Patrick JOURON

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